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| 08/11/2004
Stéphane Meneau alias Shogun
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Shogun est probablement le plus vieux rider français encore en place sur son vélo, séquence anthologie, séquence nostalgie… |
| La première fois que j'ai rencontré Stéphane, c'était en 1987. À cette époque les bassins de la tout Eiffel étaient vidés, donc on s'amusait à sauter partout comme dans un bowl (en évitant les milliards de skaters bien sûr), tout le monde l'appelait déjà «Shogun» en rapport au cri qu'il poussait quand il sautait.
Et si à l'époque je faisait aussi du «park», Mr Shogun maîtrisait lui, les bases du flat, ensuite nos chemins ont pris des tournures bien différentes et il est aujourd'hui l'un des derniers représentant français de la big (avec Romaric et Mr Tourrel). |
Présentation Stéphane Meneau (ou Shogun) 32 ans (né le 29/06/1972, comme 2 certains jumeaux "mexicains") Marié, et 2 petits gars (3 et 6 ans)
Quand et comment as-tu commencé le bmx ? J'ai eu mon premier BMX (il faut dire Bicross) en 1984, mais déjà avant je faisais des sauts avec des vélos de ville, mais ils ne supportaient pas bien. C'était super de pouvoir enfin rouler sur un bike étudié pour faire le con, sauter, faire des dérapages, faire des roues arrière, etc...
Quelle discipline et pourquoi ? Au départ il n'y avait pas de choix à faire, c'était du cross ou rien, donc aller sauter dans les terrains vagues et partout où il y avait de la terre. Puis il fallait essayer de faire quelques figures de base style faire des rebonds sur la roue avant, faire des bunny hop pour monter sur les trottoirs. La race était la discipline la plus "avancée", la plus structurée, mais même si j'adorais rouler sur les pistes pour essayer de sauter, je n'ai jamais été attiré par la course en elle même. Et plus le temps passait plus il y avait de trucs à essayer et tu te posais pas de question, tu touchais à tout : - Les premières vraies figures au sol, balancing et autres équilibres. - Quelques pseudo figures en saut, façon déhanché ou one hand. - Ensuite découverte du banks (quarter de 2 m de large, 2.2 m de haut quasi vertical) premières tentatives d'aérial. - Et tu roules dans la rue, pour sauter des escaliers et slalomer entre les grands-mères - + tard les modules évoluent : half pipe, mini, spine, skate park, et là encore c'est l'occas de tester plein de trucs différents. J'ai continuer à toucher à tout pendant pas mal de temps, jusqu'à mes premières compétitions (1989 environ) où je roulais aussi bien en sol qu'en rampe, l'époque où le classement "overall" existait encore. J'ai continué le sol jusqu'à l'époque du rollin, et là j'ai commencer à sentir mes limites, et à préférer m'éclater sur les rampes et en street. Maintenant je roule essentiellement en courbe, mini, fun box, etc... Mais reste définitivement accro à la vert, qui est de loin le truc le + kiffant, mais aussi le plus difficile et accessoirement le plus dangereux.
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Parlons matos: ton premier bike ? MBK BX21 (jaune, avec pédalier à clavette)
Ton avis sur l'évolution des pièces ? A l'époque, il n'était pas concevable de partir rouler sans avoir passer une heure à bricoler, tout se barrait en couille, surtout lors de l'arrivée du street. Maintenant il peut se passer des mois sans avoir besoin de toucher aux outils. D'accord je roule moins souvent, et surtout en park (+ smooth pour le matos), mais il est évident qu'au niveau solidité / fiabilité les progrès ont été énormes. La contrepartie c'est le poids, mais ce n'est pas un truc qui me préoccupe beaucoup, je pense que c'est le gars qui fait la différence, pas le bike, et la grosse mouvance du matos light est un bon concept marketing avant tout. Quelles sont celles qui ont révolutionné le matos pour toi ? Dans l'ordre, l'expendeur percé, pour pouvoir faire les premiers tail whip au sol, puis bien sûr le rotor, le truc le plus révolutionnaire, et pour finir avec le freinage, le U brake. Ensuite je dirais le système aheadset, pour la rigidité fourche / potence, c'était vraiment la misère les potences avec cône. La solidité en générale, puisque c'était un vrai frein à une époque. J'ajouterais les pneus haute pression, c'est super important aussi bien en flat qu'en rampe.
Quelles sont celles que tu regrettes ? Aucune.
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Ton bike actuel ? Cadre Hoffman Condor, et un peu de tout autour.
Ton premier trick ? Probablement un balancing ou un endo
Ton avis sur l'évolution des tricks ? Totalement incroyable depuis le début, et encore plus rapide et démentiel ces dernières années. Dans le temps, quand on a vu les premiers 540 par exemple on s'est dit, wouah ça y est c'est la limite, ils pourront pas aller au delà. Ben voyons ..., peu de temps après les variantes arrivent, puis les 900, et à chaque fois on se disait que c'était la limite, et bien non ça continue encore avec les flips et les doubles flip, les variations de ouf, etc. .. , et en plus ça se démocratise, puisque les petits gars qui commencent ne sont pas impressionnés et se jettent direct. On entre dans une nouvelles aire, celle du bac à mouse et du resi, fini les essais ça passe ou ça casse, l'évolution des tricks cascades n'est vraiment pas fini. Sinon, il y eu aussi des tricks un peu trop fashion à mon goût, du style tu te sens obligé de rajouter un nose bonk, ou un crank flip à chaque trick pour être dans le move, ou en ce moment c'est repartir en manual + 180. C'est des trucs sympa en eux même, mais un peu trop systématiques, ça me fait penser au débat du mimétisme / originalité en flat.
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Quelles sont les plus grosses révolutions selon toi ? Derrière les tricks il y a les gars, et je pense qu'en citant Mat Hoffman et Kevin Jones on résume bien les grosses révolutions dans les tricks. Sinon la liste des tricks les + révolutionnaires n'est pas très originale : bus, whip, flip, 540, 900. Pour le flat, je pense qu'on parle plus de génération de tricks, balancing, pogo, squeak, rollin pour ce que j'ai connu et pratiqué, puis ça s'est un peu compliqué et surtout tout mélangé pour aboutir à une notion d'enchaînement. Mais chacune de ces évolutions était une petite révolution. Aussi, sous l'influence du trail riding, les tricks dans certains cas s'effacent au profit du style, du flow, c'est aussi une évolution marquante ces dernières années. - Une mention spéciale pour un trick au sol qui m'a beaucoup marqué, le "quick spin" inventé par le très jeune Scott Freeman, je me suis beaucoup demandé comment on pouvait penser à un truc comme ça
Tes riders préférés selon les époques ? Pour la vert - chronologiquement : Mike Dominguez - riding simple et efficace Joe Jonhson - un style trop pur John Byers - trop stretch Carlo Griggs, Mike Cainning : riding à l'anglaise, bien puissant, un peu du style Eduardo Terreros Mat bien sûr, l'homme qui à donné son corps à la science de son vivant, le laboratoire à nouveau tricks Bestwick - ultra smooth, grosse hauteur, gros tricks et de l'innovation Pour le flat : Martin Apparijo, Rick Moliterno, Perry Mervar, Kevin Jones, Paul Osika (pour le style unique). Pour les riders plus actuels, je ne suis malheureusement pas à jour, j'ai du mal à suivre et du coup je zappe assez rapidement. Il faut aussi citer des gars comme DMC, Joe Rich, hyper forts et polyvalents et les riders front brake Dave Freimouth, Dave Osato et maintenant Tobias Wicke - grosse claque sur la maîtrise de ces gars là.
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Tes derniers tricks ? Râpage de la gueule en dirt, rentré 2 fois. No foot seat grab en spine, bus fackie, et je refais des flip en saut.
Comment était la scène bmx quand tu as commencé ? D'un côté il y avait les gars qu'on voyait dans bicross mag, qui faisaient halluciner, un monde de superstars qui font des trucs impensables qu'on essayera jamais, et de l'autre les potes du quartier, on a tous pratiquement le même niveau, et les mêmes envie de sauter partout et de progresser dans tout les types de riding. Bon esprit, très local parce qu'à 12/14 ans tu bouges pas beaucoup, et de toute façon au début il n'y avait guère que des pistes de bicross qu'on puisse chercher. Plus tard quand je me suis mis à bouger, on était déjà dans le creux de la vague, donc tu croisais pas beaucoup de riders, et encore moins que tu connaissais pas. Les spots sur Paris étaient assez limités et la scène était alors très réduite, mais très unie, très familiale. A ce moment là, pas de poseur, il fallait être bien motivé pour continuer à rider.
Magazines ? Bmx-Shops ? Vidéos ? Site web ? Quels étaient ceux qui existaient à ton époque et qui t'ont le plus motivé ? Mag : Bicross mag bien sûr, la bible pour tout minot accro au vélocross, c'était la seule source d'info, les premières vidéos ne sont arrivées qu'à la fin des années 80. Il ya eu + tard la course au mag étrangers (BMX Action, BMX Plus, puis GO, freestyl'in) dans quelques boutiques spécialisée, ou lors de séjour linguistique chez les anglais. Il y'a eu quelques zines également, avec une spéciale dédicace au punk rider de l'époque Guillaume "le rat" de Buzelet, qui avait un zine (baptisé successivement Liberty, Slam puis trouble), un truc un trash et subversif, bien marrant.
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Bmx-shop : Au départ c'est le concessionnaire MBK ou Peugeot qui y connaît walou, qui fournit les premiers Bicross, puis il faut voyager un peu en banlieue parisienne pour trouver la caverne d'Ali Baba, Pierre Ognier à St Maure, mais t'étais jamais sûr qu'ils auraient la pièce que tu cherches dans la couleur que tu cherches, ça brassait énormément de matos, y'avait plein de monde et tu faisais la queue et tout. Il y a eu pendant un temps un truc trop fort : la boutique GT France, une sorte de redoute du BMX, avec catalogue par correspondance (mais ça peut paraître bidon maintenant avec la VPC internet). Plus tard, grosse pénurie, quand tu cassais un truc il pouvait se passer un long moment avant de trouver les pièces, il restait surtout Cycles jean Claude et California Style, ou l'option risquée de commander directement au states. Le top c'est quand je suis aller apprendre l'anglais aux états unis, tu pouvais te payer un bike complet pour le prix du cadre et fourche en France.
Vidéos : Il aura fallu attendre longtemps pour que les premières vidéos américaines arrivent chez nous, des trucs de la préhistoire comme la GTV ou la 101 tricks, puis + tard la vidéo Haro (Nourie, Moliterno, Hoffman, Blyther). Je me suis acheté le film RAD tant attendu, lors d'un voyage aux states, j'en retiens surtout les images du skate park d'Upland du début, et les flip de José Yannez bien sûr.... Pour moi la vidéo qui a marqué l'histoire est définitivement "Head First", de la folie et de la motive pure en intra veineuse, et ça fonctionne encore aujourd'hui, il était temps qu'elle arrive en DVD, ma K7 est très fatiguée. Sinon à ce moment là (1991 environ), en dehors des circuits de distribution (de toute façon quasi inexistants) les vidéos ricaines nous parviennent par potes interposés, qui connaissent des riders outre atlantique, et là beaucoup de vidéos arrivent (Les premières Dorkin, Baco, ...) souvent c'est des copies de copies de copies, parfois filmées au caméscopes sur une télé, la qualité est pourrie, mais au moins on sait ce qui se passe sur la planète.
Site web : Comparativement, c'est assez récent comme média au service du BMX, j'étais souvent sur BTR (Born to ride) très riche en vidéos, et maintenant c'est surtout BMX Info et Aggoride pour les news, et 23 mag pour la nostalgie, gros respect d'ailleurs pour l'énorme travail de recherche de M. Buissonrouge.
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Que pense tu de l'évolution de la scène française jusqu'à aujourd'hui ? Il y a eu différentes phases, l'époque ancestrale de la guerre des team - crazy ducks contre mad dog, que je suivait en simple spectateur, puis la période creuse, paradoxalement la plus motivante et la plus conviviale, avec de très bon souvenir de cession bien mortelles, avec toujours les mêmes acharnés. Cette ambiance s'est un peu dégradée ensuite, notamment dans le milieu du flat, c'est un peu dommage. Mais depuis le BMX est redevenu très présent et c'est des dizaines ou des centaines de petits groupes qui se sont créés en France, souvent basé autour d'un park ou de trail, des gars qui comme nous au départ n'ont pas forcément de grande ambition, mais qui se regroupent en petite scène locale, et practicent à fond et touchent à tout. C'est impressionnant de voir le nombre de jeunes riders aujourd'hui, c'est une scène riche et prometteuse. Tous les ingrédients sont présents pour que le sport évolue : beaucoup de riders, du matos solide et facilement trouvable, de + en + de spots. Et ce qui fera je pense la différence avec la première vague, c'est que la nouvelle génération est plus âgée et se déjà prend en main, alors qu'en 1980/85 c'était surtout des gamins prêts à zapper sur la prochaine mode (le VTT ou le roller au choix).
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Que regrettes-tu ? L'ambiance familiale et soudée des années creuses.
Que changerais tu si tu le pouvais ? Je ne vois rien à changer, les diverses époques et les différents visages successifs du BMX ont été autant d'expériences différentes riches de pleins de choses, et le chemin continue.
Des anecdotes à nous faire partager ? Des milliers d'anecdotes sans doutes, au hasard, il y a bien longtemps, 1 jours que je roulais avec mes super Creeks à damier sans lacet (la Vans du pauvre, mais le classe quand même), je rate un saut et m'étale sur la parking de chez moi, passe un gars qui me regarde étalé part terre et me sort "forcément, à faire du vélo en chausson !!!!" En 1992, première participation au worlds en Hongrie, on est comme des dingues, il y à du Matt, du Mc Coy du Mirron, c'est Disney land. Je trouve le moyen de me niquer sur la médium, mais pour me consoler j'ai demandé à Matt Hoffman une dédicace sur ma radio de l'épaule, il en a profiter pour faire son diagnostique, en grand connaisseur. Une petite dédicace aux Mexicos bros, pour quelques souvenir de concours de front yard sur le parvis des invalides, il y a un au moins 15 ans.
Dans un autre registre, le 25 avril dernier, lors d'une cession sur le champ de bosse de Dardilly, j'ai dû faire tapage de l'avant into front flip, et je me suis réveillé un peu plus tard... petit voyage en gyrophare et nuit aux urgences. Ce même dimanche 25 avril sur le champ de bosse de Meyzieu, Sébastien faisait une chute bien plus dramatique. Comme tout le monde le sait, malgré sa paralysie il garde depuis un moral sans faille, épaulé par un entourage impressionnant de dévouement et de motivation (voir les 2 sites web). Saluons le courage et la détermination de ce rider malchanceux, et encourageons l'élan de solidarité qui s'est créé autour de lui.
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Ton meilleur souvenir bmx ? Et le pire ? Le souvenir le plus fort, c'est Bercy 6, après une démo déjà hallucinante (540 no hand, 900, ...) Matt reprend son élan et balance en rampe le premier flip fackie de l'histoire, là tu pètes les plombs et tu hurles comme un malade, et même temps que 10 000 autres gars, c'est un truc mythique et indescriptible. Le pire, sûrement lorsque je me re-pète le genou en 1997: après un premier crash, opération, 10 mois d'arrêt, seulement 3 semaines de reprise et re bellotte, c'est hyper dur.
Roules-tu toujours et à quelle cadence ? Je roule une fois par semaine au moins au skate park, et je bouge sur quelques contests dans le coin.
Tes projets pour les années à venir ? Keep riding, je veux continuer à garder un bon équilibre, entre le BMX, la famille et le taf, et quoi qu'il arrive, même si je roule moins qu'avant, le BMX est et sera toujours présent dans ma vie, comme il l'est depuis 20 ans.
Messages et conseils pour les nouveaux riders ? Ne brûlez pas les étapes de l'apprentissage, chercher à faire des figures alors qu'on sait à peine sauter ou faire un aerial c'est pas un bon plan. Les protecs c'est par pour décorer (mon tibia vient de me faire un rappel à l'ordre - 7 points), la blessure est le pire ennemi du rider. Se méfier et ne pas se laisser trop influencer par les phénomènes de mode autour du BMX, le matos, les tricks, le look, les fringues, l'abus de bière, à l'origine notre discipline s'appelle Freestyle ..., alors restez libre.
Remerciements ? 1 - Famille : D'abord comme souvent, c'est grâce au soutien de mes parents que tout a pu commencer, c'est le premier sponsor, et malgré mes quelques passages aux urgences ils ne m'ont jamais freiné. Ensuite j'ai eu la chance de rencontrer une femme qui a aussi su comprendre l'importance du BMX dans ma vie, et c'est maintenant quelque chose que nous partageons en famille, c'est super de ne pas à avoir à ce dire qu'il faut choisir l'un ou l'autre. Un grand merci à Carole, Estéban et Ian (ma petite famille) pour le soutien, la motivation et le bonheur qu'ils m'apportent. C'est assez délire de voir mon fils rouler et faire ses premiers saut en BMX. 2 - Riders Chaque gars avec qui tu roules t'apporte de la motivation, permet de délirer et de progresser. La convivialité et le partage sont les bases mêmes du BMX. Après tout ce temps ça représente un max de potes de practice, déclinés en plusieurs époques et beaucoup de lieux. Le plus simple est de dire qu'ils se reconnaîtront. 3 - Sponsors Ca a commencé il y a 10 ans avec Asphalt, puis d'autres marques ont suivies (qui ont plus ou moins tenu leurs promesses), puis Neway et Sunn sur Lyon et depuis plusieurs années Namasté. Merci également à l'équipe du Skate Park de Lyon, et à ma CTI2 qui maintient mon genou en place et sans laquelle je ne pourrais pas rouler.
Par Manu M. Photos : Bigjim, famille Meneau et Les roues de l'espoir
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Le commentaire
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